~~Human Mecanical (à propos de)

« Le matin, j’émerge de mes rêves, le plus heureux des anges. Je me couche le soir, un vrai salaud. Qu’ai-je donc fait entre temps ? J’ai fréquenté les hommes. »

Abdulah Sidran, 1993, Sarajevo.

Bleu sang un 32 Décembre sur la terre. Il y a comme une odeur d’étoile de mer en train de mourir, un ciel liquide qui harcèle mon cœur. J’ai perdu le goût de l’amour. La mort fait mal, elle tue tous les hommes qui l’approchent. Elle voudrait tout oublier. Elle est devenue l’ombre portée du soleil noir, un équateur froid. Et pourtant, le bleu est une couleur chaude, un ciel liquide qui harcèle mon cœur en reproduction sérielle. Je suis ma propre catastrophe, je ne me souviens de rien ni d’avoir possédé ni d’avoir loué ni rien du tout. Je renifle les molécules de l’air, je survole des villes anonymes, je rêve de machines. Je renifle. Est-ce bien moi ? Je subis ma propre catastrophe. Collé aux passions hybrides.

Devant moi : la borne anti-dépassement de soi-même

Prix : 70 Euros

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Je te chante (cut up)

~~ Je parle d’une mer au-delà des oiseaux

Je suis sans début sans fin

Et de toutes les heures du monde Et de tous les visages entrevus dans les gares Et de toutes les horloges

La nuit s’avance

Mes mots retombent sur la table

Je péris d’être désertée

Et de tous les pays Et de tous les peuples

Je sais ton cœur sur le fil d’un rêve fasciné par les couleurs traversé de tous les âges

Je dis « moi », mais y a t-il un autre que moi-même ? Je ne cesse d’être dans la folie et l’éblouissement Après l’essor la chute

Pour prendre quand même la mer

Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi Notre cœur en cendres défait

Nous serons sur toutes les langues et les nuits seront longues Sans croisées Sans détours Sans marées Sans tempêtes Sur ton corps ouvert comme une plaie un jour rappelle toi La folie est devenue utile

Depuis les yeux Le vide est à réinventer

Fermons les yeux Vivons à l’envers du jour

Dans les mystères du silence Le long des jours Le long des nuits Pour affronter la terre profonde Et chercher les paroles Et chercher les visages Des ombres pâles des bulles de silence qui parlent

Parce qu’il faut beaucoup de mots pour en détruire un seul

Scruter dans l’entrechoc des mots l’impalpable, et dès longtemps, lâché en alambic, pour l’éprouver ailleurs

Nous

Décomposés dans la mémoire de la nuit

A quoi penses-tu ?

A quoi penses-tu ?

L’anachronisme délivre le temps perdu

Il faudra une poésie brutale

Montrer les vertiges des corps balancés dans le ciel, noyés d’inconscient et d’oubli

La robe triste de celle qu’on n’épouse pas

Le bord du renoncement

Qu’il n’y a plus aucun mot

Aucune forme réellement articulée

Et pourtant

Une promesse de beauté spectrale

A la lumière d’un cadavre exquis

Les particules dansent électrisées dans les faisceaux qui traversent le grenier, l’été est passé sous la forme d’un épuisant jeu de cache cache avec le soleil. Elle se réfugie souvent là-haut à l’abri de l’agitation familiale, pleurant dans l’édredon de voluptueuses larmes.

A terre, ces gouttes odorantes lèchent les pieds de l’idiot, sentinelle des affres assombries de la citadelle. Impossible de savoir où la lumière la mène, impossible même de la fixer, de l’arrêter, de la contenir. Elle lève les yeux- mélange d’eau et de feu- ductile, rayonnant, irradiant- l’ombre sous les larmiers qui n’apaise aucunement son envie de récolter la lumière. Elle cherche cependant la profondeur III de l’impacte II. Elle note 6, 91% de hasard, 20,8 % des gens considèrent que ce qui est simple ne se présente ni en premier lieu, ni en dernier lieu. Le temps n’est pas compté. Celui des lumières n’est plus mais la traversée des ténèbres sera aussi rapide que l’éclair.

 

Collectif

Under the skin (à propos de)

« L’homme se trouve devant l’irrationnel. Il sent en lui son désir de bonheur et de raison. L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde »                                                                                                                                                    Camus, Le mythe de Sisyphe.

Devenir miroir, c’est se réduire à n’être que surface réfléchissante: la conscience muée en miroir éprouve la réflexion sur le mode passif. Elle ne peut que subir, pour en renvoyer le reflet, les formes et les créatures qui se sont placées en regard.”                                                                                      Baudelaire

Under the skin

Etrangère au monde tu marches comme un automate dans un monde improbable qui aurait la texture des cauchemars. Ta silhouette glisse entre les hommes, happe la réalité sordide de nuits sans rêves. Pourtant, le poème est érotique. Le corps, magnétique. Et ils coulent et s’enfoncent dans le sol sous ton regard. Il n’y a pas de petite mort. Il faut chercher l’ultime jouissance.

Dans ce labyrinthe de miroirs tu captes la lumière qui s’éteint ; feint, joue, simule une humanité perdue. Etrangère aux autres. Etrangère à ton propre corps qui est là pour tous et pour personne, même pas toi. En exil. Le sourire d’une femme dans un supermarché, un regard inquiet, l’angoisse d’un enfant ; tu n’as pas les codes. Tout est crypté. Sont-ils plus robots que toi ?

Quel(s) visage(s) sous la peau de la femme ? Quel visage de souffrance pour advenir à toi même ? Tout ce qui s’élève descend et tout ce qui descend s’élève, tout ce qui finit recommence. Marchent les hommes vers toi dans une maison abandonnée. Bites levées avant de revenir à l’état fœtal. Tout est liquide. Visqueux. Poreux.

Nulle part, l’émotion. La vie s’impose à travers une glace sans tain, et nous voilà vidés de nous mêmes. La familiarité du monde s’éloigne, le sentiment d’étrangeté filtre de toute part. Ne reste que la captation de ton corps, les courbes, les rondeurs, la musique lancinante, le regard final, enfin partagé. Il faudra te suivre jusqu’au bout. Mais sous la chair, le métal. Mais en miroir, sous le métal, une femme qui pleure. Mais en miroir, l’Autre. Et tous les autres.

Florence Denat

Feu d’artifices en plein jour

Feu d’artifices en plein jour

 

Eclipses de blancheur

Est-ce que la nuit nous métamorphose ?

Elle jette au hasard ses désastres

Il va falloir éviter la chute

Parce que nous ne savons rien de l’Autre

Parce que minuit est loin

 

Douleur chromatique

Est-ce que le blanc supporte moins que le rouge l’accélération du temps ?

Elle aime, à l’aube, le froid de la mer sur sa peau

L’eau argentée

Parce que les soupirs meurent

Parce que la lumière pâle du matin

Il va falloir décoller vers la nudité du trait

Et donc du geste

 

Réponse névralgique

Faut-il traverser les ombres afin d’être soi ?

Elle s’en fout elle cherche

Elle explose en d’infinis miroirs

Parce que son visage à l’ombre des totems

Parce que le noir rugueux soulage comme la lumière

 

(à propos de Black Coal)

Twelve years a slave de Steve Mc Queen, 2013

12 years a slave est un film bouleversant. Il s’agit d’un drame historique réalisé par Steve Mc Queen en 2013. Ce film est une adaptation du récit autobiographique du même nom, écrit par Salomon Northup en 1853.

C’est l’histoire de Salomon Northup, violoniste noir reconnu, qui, victime d’un complot, se retrouve sans les documents qui prouvent sa liberté. Il est emmené de force dans le Sud des États-Unis où il est vendu en tant qu’esclave. De là commence son calvaire de douze années d’esclavage.

 

Que dire… Des acteurs merveilleux, une histoire touchante, des décors impressionnants et une bande originale émouvante… J’ai d’ailleurs trouvé la musique du film poignante car elle évoque pour moi l’oppression lancinante vécue par les esclaves. Ce qui rappelle la douleur et la solitude du personnage principal du film Inceptionde Christopher Nolan sorti en 2010. Ces deux mélodies récurrentes ont été composées toutes deux par Hans Zimmer, ce qui explique leur ressemblance.

Le film est réaliste, on est facilement plongé dans l’Amérique du milieu du XIXème siècle. J’ai eu l’impression d’être parmi eux, nous sommes guidés par le rythme des plantations, et nous vivons chaque moment à leur côté, c’est ce qui fait que ce film est si fort. A la fin du visionnage de ce chef d’œuvre, je ressens en moi l’injustice. La violence de certaines scènes est terrible, comme lorsque le personnage principal se fait insulter par un blanc esclavagiste ou quand une esclave se fait fouetter…  J’ai été très touchée par ce film, mais j’ai aussi appris énormément. J’ai aujourd’hui encore un peu plus conscience de la barbarie de la pratique de l’esclavage. Le fait que cet homme ait été arraché à sa famille sans une explication m’a véritablement horrifiée. C’est ça, j’étais en colère !

Pour moi, ce film participe au devoir de mémoire car il dénonce encore une fois l’esclavage, pour que personne n’oublie et que jamais cela ne se reproduise.

par Lou- Baya, de l’atelier cinéma