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Distinction – Caractère – Isolés – Peu importe – Mélodies – La demeure – Surpris – Applaudissements
Remonter – Fragile – Routine -Permettre – Caravane – Se tromper – Magique – Instants – Squelette – dissimuler
Bibliothèque – Puissance

Des caractères forts, névrosés et isolés. Peut-être fragilisés.
Pressés par la vie. Surpris par le temps. Liés par le présent.
Envoûtés par les mélodies d’un quotidien en déroute, ils avancent au rythme langoureux d’une caravane qui traverse le désert.
Ils savent aussi avancer en entendant la puissance applaudissements qui résonnent fort, très fort.
Ils peuvent se tromper. Puis marcher doucement dans la nature en écoutant les pas qui froissent les feuilles.
Des  feuilles tombées des arbres. Ou peut-être des feuilles tombées du ciel. Peu importe.
Elles sont là et il faut faire avec. C’est surprenant de s’écouter les piétiner. On aimerait les éviter.
C’est difficile car il y en a partout.
La journée s’écoule paisiblement.
Malgré la nuit qui tombe, le ciel s’éclaircit et laisse entrevoir dans la pénombre
un corps dissimulé dans la magie de la transparence, porté par les branches puissantes d’un chêne massif. Il est beau. Ce corps.
Il respire. Ce n’est pas encore un squelette.

 

par Carine Tedesco

Laudanum

 

C’est un monde englouti sous influence.

Pour elle, septembre sonne surtout l’urbain sans paroles ni soulagement.
Elle se nomme Ogadine. Entendons-nous bien, c’est moi qui lui donne ce nom.
Ogadine.
Sous sa ligne rurale et ses jupes éraflées se mêlent des métamorphoses : faire figure de femme ; sauver les enfants ; survivre aux spasmes d’un monde frénétique et appauvri… Gloire à elle, petit destin de velours râpé aux traits de lupanar !

Le nourrisson semble voir. En cet instant, il n’a pas faim, en cet instant, Ogadine le tient contre elle, emballé entre ses bras brûlants : vivre, voir, vouloir.
Vivre ? Elle n’y pense pas. Pas comme ça.
La grammaire des nantis et des philosophes, elle ne la lit pas. Pour eux, un monde sous influence de laudanum. Pour elle, la main tendue, choper, attraper, imposer son besoin.
Pour eux, la toilette fastidieuse des quêtes glacées. Pour elle, l’auberge infecte et la rue crampée, crispée, occupée. Un bout de sucre est peut-être tombé.
Pour eux, l’espace garni, l’espace racé, l’inutilité tacite et l’indigestion.
Pour elle, un prénom égaré.
Vivre ?
Pour eux, l’auto-cocufication et la répétition des « je t’aime » ouatés. Vision laudanum.
Pour elle, la proximité des chiens et des restes, l’agilité à vivre sans.

Dany Héricourt

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Rêve automatique

Le ciel était très clair.
Un avion décolle de l’aéroport.

Jusque là tout est normal.
Puis en vol, il rencontre un autobus, plus fort que lui, plus solide aussi. En fait l’autobus était juste là pour remorquer l’avion.
Pour l’aider à voler.

Un avion dans le ciel doit voler.
C’est logique, c’est normal.
Un autobus qui tire un avion dans le ciel, ce n’est ni logique ni normal.
Ils étaient pourtant là tous les deux.
L’un devant l’autre.
C’était  une pochette de Rock.

 

par Carine Tedesco