Sous influence

Ce matin, en me réveillant, j’ai vu que la porte du frigo était restée entrouverte. Mes perceptions sont-elles altérées ou juste endormies ? Je ne me souviens plus de quoi sont faits mes rêves, quelque chose s’est légèrement disloqué dans ma tête, je cherche d’où vient le ravage ou plutôt cette lente décomposition du souvenir. Diffraction de portraits en des portraits plus vastes. aussi vastes que l’histoire du Purple Book. Mon regard s’y noie. Le chant s’amplifie dans les plis de mon cerveau. Tandis que danse Svedenborg dans son costume sacerdotal déniché à Tulsa, Oklahoma.

Il n’y eut pas de mouvement ce jour-là. Juste une implosion sommaire. Un truc que j’étais seul à voir. Des plateaux corroyés. Le ciel comme du vieux cuir et la poudre de Cantharide tombant de nulle part sur mes yeux secs. D’un bleu vert comme la carapace du scarabée visionnaire enfermé dans une boite d’allumettes sur le réchaud d’une chambre de bonne au bout du Swinging Corridor.

De toute manière, elle dansait en titubant. Fallait l’aider. Qu’est-ce qui fait que tout s’arrête alors que tout pourrait continuer ? Elle a l’air tellement plus vivante. Maintenant.

Collectif/ Ateliers de Traverse

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Atelier: Ode à l’ado

Penseur tout nu devant la mer

Le vent dans le dos il soupire

il pense à la vie, à l’avenir, à la mort

Le vent tourne, il est transporté

Dame blanche à la robe va le vent

Dont l’ombrelle cache le soleil levant

L’herbe folle qui lui lèche les pieds

Son regard sur l’horizon insensé

« À dix ans tu rêvais d’un prince charmant,

À dix-sept ans tu l’attendais désespérément,

À vingt ans tu n’avais plus d’espoir,

D’un jour, enfin, pouvoir le voir… “

 

Ses longs cheveux noirs flottent au vent

Elle part de chez ses parents dans pas bien longtemps

Elle part avec l’homme qu’elle aime

Rosco ne pourra pas vivre sans elle.

La naissance d’un bébé non accepté

Il faut le donner ou bien le tuer

L’homme part sans rien laisser sauf un collier

Un cœur frais déjà brisé, une larme coule.

Sur un immense océan calme

voguait un petit chalutier

Un homme assis sur le côté

Qui contemplait la liberté.

COLLECTIF

Définitions inspirées

APOU

Nom du dieu de la végétation et de la flore

Besta

Homme politique poukave, élu président en 1969 et réélu en 1976.

Bolos

Le verlan du mot « solo », le B étant l’initial de l’inventeur.

Daron

Nom commun : noble ou bourgeois très riche.

Dupere

.Mot employé pour qualifier un père qui n’est pas assez présent.

.Dupère est un héros de dessin- animé, c’est un petit canard.

Han

( déterminant) Traduction littéraire fr : «  son »

Hyte

. D’origine anglo-saxonne, le « hyte » définit un mélange de hauteur et de raideur extrême. L’on parle alors du « hyte » d’un politicien…

. ( adj.) haut

Hytl

H2 comme Helena

Y comme ya

T comme tant

L comme Love

L’origine de ce nom est espagnol-anglais et au final exprime « Helena ya te amo/love »

(Helena, je t’aime déjà

Hyte

D’origine anglo-saxonne, le « hyte » définit un mélange de hauteur et de raideur extrême. L’on parle alors du « hyte » d’un politicien…

LOSBAV

Petit poisson d’eau douce réputé très timide.

Poucave

.Magasin qui vend des objets inutiles.

. Homme venant (de nationalité) de Poukavie occidentale

Ripou

(adj.) : gâté

Teuf

Prénom d’un roi de Poukavie

Vla

être là

XDR

Xavier du Roudet, chanteur belge des années 60, frère de PTDR : Patrick Theodore du Roudet, politicien écologiste des années 60, cousin de MDR : Mariane du Roudet, écrivaine des années 60, cousine de XDR….

XoXo

Mot anglais qui signifie être fou de musique.

COLLECTIF

Cadavre de rêve exquis

Qu’est ce que le rêve ?
C’est l’oubli du réel

Qu’est ce que cette fille fait là ?
C’est une robe noire

Qu’est ce que c’est compliqué !

Qu’est ce que le soleil levant ?
C’est Jean-Pierre Léau dans « la nuit Américaine »
Qui dit « oui, à condition que tu m’épouses »

Qu’est ce que le rêve de cette fille en robe noire ?
C’est entre l’oubli et le réel quand Jean-Pierre Léau  dans « la nuit Américaine »  dit « oui, à condition que tu m’épouses »

par Carine Tedesco

1 image-20 mots-1 rêve

Distinction – Caractère – Isolés – Peu importe – Mélodies – La demeure – Surpris – Applaudissements
Remonter – Fragile – Routine -Permettre – Caravane – Se tromper – Magique – Instants – Squelette – dissimuler
Bibliothèque – Puissance

Des caractères forts, névrosés et isolés. Peut-être fragilisés.
Pressés par la vie. Surpris par le temps. Liés par le présent.
Envoûtés par les mélodies d’un quotidien en déroute, ils avancent au rythme langoureux d’une caravane qui traverse le désert.
Ils savent aussi avancer en entendant la puissance applaudissements qui résonnent fort, très fort.
Ils peuvent se tromper. Puis marcher doucement dans la nature en écoutant les pas qui froissent les feuilles.
Des  feuilles tombées des arbres. Ou peut-être des feuilles tombées du ciel. Peu importe.
Elles sont là et il faut faire avec. C’est surprenant de s’écouter les piétiner. On aimerait les éviter.
C’est difficile car il y en a partout.
La journée s’écoule paisiblement.
Malgré la nuit qui tombe, le ciel s’éclaircit et laisse entrevoir dans la pénombre
un corps dissimulé dans la magie de la transparence, porté par les branches puissantes d’un chêne massif. Il est beau. Ce corps.
Il respire. Ce n’est pas encore un squelette.

 

par Carine Tedesco

Laudanum

 

C’est un monde englouti sous influence.

Pour elle, septembre sonne surtout l’urbain sans paroles ni soulagement.
Elle se nomme Ogadine. Entendons-nous bien, c’est moi qui lui donne ce nom.
Ogadine.
Sous sa ligne rurale et ses jupes éraflées se mêlent des métamorphoses : faire figure de femme ; sauver les enfants ; survivre aux spasmes d’un monde frénétique et appauvri… Gloire à elle, petit destin de velours râpé aux traits de lupanar !

Le nourrisson semble voir. En cet instant, il n’a pas faim, en cet instant, Ogadine le tient contre elle, emballé entre ses bras brûlants : vivre, voir, vouloir.
Vivre ? Elle n’y pense pas. Pas comme ça.
La grammaire des nantis et des philosophes, elle ne la lit pas. Pour eux, un monde sous influence de laudanum. Pour elle, la main tendue, choper, attraper, imposer son besoin.
Pour eux, la toilette fastidieuse des quêtes glacées. Pour elle, l’auberge infecte et la rue crampée, crispée, occupée. Un bout de sucre est peut-être tombé.
Pour eux, l’espace garni, l’espace racé, l’inutilité tacite et l’indigestion.
Pour elle, un prénom égaré.
Vivre ?
Pour eux, l’auto-cocufication et la répétition des « je t’aime » ouatés. Vision laudanum.
Pour elle, la proximité des chiens et des restes, l’agilité à vivre sans.

Dany Héricourt