A quoi penses-tu ?

A quoi penses-tu ?

L’anachronisme délivre le temps perdu

Il faudra une poésie brutale

Montrer les vertiges des corps balancés dans le ciel, noyés d’inconscient et d’oubli

La robe triste de celle qu’on n’épouse pas

Le bord du renoncement

Qu’il n’y a plus aucun mot

Aucune forme réellement articulée

Et pourtant

Une promesse de beauté spectrale

A la lumière d’un cadavre exquis

Les particules dansent électrisées dans les faisceaux qui traversent le grenier, l’été est passé sous la forme d’un épuisant jeu de cache cache avec le soleil. Elle se réfugie souvent là-haut à l’abri de l’agitation familiale, pleurant dans l’édredon de voluptueuses larmes.

A terre, ces gouttes odorantes lèchent les pieds de l’idiot, sentinelle des affres assombries de la citadelle. Impossible de savoir où la lumière la mène, impossible même de la fixer, de l’arrêter, de la contenir. Elle lève les yeux- mélange d’eau et de feu- ductile, rayonnant, irradiant- l’ombre sous les larmiers qui n’apaise aucunement son envie de récolter la lumière. Elle cherche cependant la profondeur III de l’impacte II. Elle note 6, 91% de hasard, 20,8 % des gens considèrent que ce qui est simple ne se présente ni en premier lieu, ni en dernier lieu. Le temps n’est pas compté. Celui des lumières n’est plus mais la traversée des ténèbres sera aussi rapide que l’éclair.

 

Collectif

Under the skin (à propos de)

« L’homme se trouve devant l’irrationnel. Il sent en lui son désir de bonheur et de raison. L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde »                                                                                                                                                    Camus, Le mythe de Sisyphe.

Devenir miroir, c’est se réduire à n’être que surface réfléchissante: la conscience muée en miroir éprouve la réflexion sur le mode passif. Elle ne peut que subir, pour en renvoyer le reflet, les formes et les créatures qui se sont placées en regard.”                                                                                      Baudelaire

Under the skin

Etrangère au monde tu marches comme un automate dans un monde improbable qui aurait la texture des cauchemars. Ta silhouette glisse entre les hommes, happe la réalité sordide de nuits sans rêves. Pourtant, le poème est érotique. Le corps, magnétique. Et ils coulent et s’enfoncent dans le sol sous ton regard. Il n’y a pas de petite mort. Il faut chercher l’ultime jouissance.

Dans ce labyrinthe de miroirs tu captes la lumière qui s’éteint ; feint, joue, simule une humanité perdue. Etrangère aux autres. Etrangère à ton propre corps qui est là pour tous et pour personne, même pas toi. En exil. Le sourire d’une femme dans un supermarché, un regard inquiet, l’angoisse d’un enfant ; tu n’as pas les codes. Tout est crypté. Sont-ils plus robots que toi ?

Quel(s) visage(s) sous la peau de la femme ? Quel visage de souffrance pour advenir à toi même ? Tout ce qui s’élève descend et tout ce qui descend s’élève, tout ce qui finit recommence. Marchent les hommes vers toi dans une maison abandonnée. Bites levées avant de revenir à l’état fœtal. Tout est liquide. Visqueux. Poreux.

Nulle part, l’émotion. La vie s’impose à travers une glace sans tain, et nous voilà vidés de nous mêmes. La familiarité du monde s’éloigne, le sentiment d’étrangeté filtre de toute part. Ne reste que la captation de ton corps, les courbes, les rondeurs, la musique lancinante, le regard final, enfin partagé. Il faudra te suivre jusqu’au bout. Mais sous la chair, le métal. Mais en miroir, sous le métal, une femme qui pleure. Mais en miroir, l’Autre. Et tous les autres.

Florence Denat

Feu d’artifices en plein jour

Feu d’artifices en plein jour

 

Eclipses de blancheur

Est-ce que la nuit nous métamorphose ?

Elle jette au hasard ses désastres

Il va falloir éviter la chute

Parce que nous ne savons rien de l’Autre

Parce que minuit est loin

 

Douleur chromatique

Est-ce que le blanc supporte moins que le rouge l’accélération du temps ?

Elle aime, à l’aube, le froid de la mer sur sa peau

L’eau argentée

Parce que les soupirs meurent

Parce que la lumière pâle du matin

Il va falloir décoller vers la nudité du trait

Et donc du geste

 

Réponse névralgique

Faut-il traverser les ombres afin d’être soi ?

Elle s’en fout elle cherche

Elle explose en d’infinis miroirs

Parce que son visage à l’ombre des totems

Parce que le noir rugueux soulage comme la lumière

 

(à propos de Black Coal)

Twelve years a slave de Steve Mc Queen, 2013

12 years a slave est un film bouleversant. Il s’agit d’un drame historique réalisé par Steve Mc Queen en 2013. Ce film est une adaptation du récit autobiographique du même nom, écrit par Salomon Northup en 1853.

C’est l’histoire de Salomon Northup, violoniste noir reconnu, qui, victime d’un complot, se retrouve sans les documents qui prouvent sa liberté. Il est emmené de force dans le Sud des États-Unis où il est vendu en tant qu’esclave. De là commence son calvaire de douze années d’esclavage.

 

Que dire… Des acteurs merveilleux, une histoire touchante, des décors impressionnants et une bande originale émouvante… J’ai d’ailleurs trouvé la musique du film poignante car elle évoque pour moi l’oppression lancinante vécue par les esclaves. Ce qui rappelle la douleur et la solitude du personnage principal du film Inceptionde Christopher Nolan sorti en 2010. Ces deux mélodies récurrentes ont été composées toutes deux par Hans Zimmer, ce qui explique leur ressemblance.

Le film est réaliste, on est facilement plongé dans l’Amérique du milieu du XIXème siècle. J’ai eu l’impression d’être parmi eux, nous sommes guidés par le rythme des plantations, et nous vivons chaque moment à leur côté, c’est ce qui fait que ce film est si fort. A la fin du visionnage de ce chef d’œuvre, je ressens en moi l’injustice. La violence de certaines scènes est terrible, comme lorsque le personnage principal se fait insulter par un blanc esclavagiste ou quand une esclave se fait fouetter…  J’ai été très touchée par ce film, mais j’ai aussi appris énormément. J’ai aujourd’hui encore un peu plus conscience de la barbarie de la pratique de l’esclavage. Le fait que cet homme ait été arraché à sa famille sans une explication m’a véritablement horrifiée. C’est ça, j’étais en colère !

Pour moi, ce film participe au devoir de mémoire car il dénonce encore une fois l’esclavage, pour que personne n’oublie et que jamais cela ne se reproduise.

par Lou- Baya, de l’atelier cinéma

Poème libre sur le bonheur

Vous n’avez pas tout vu

Vous n’avez pas tout senti

Vous n’avez pas tout entendu

Vous n’avez pas tout touché

Vous n’avez pas tout goûté

 

Vous n’avez pas assez pensé

Vous n’avez pas assez ri

Vous n’avez pas assez pleuré

Vous n’avez pas assez crié

Vous n’avez pas assez boudé

 

Vous n’avez pas assez aimé

Vous n’avez pas assez haï

Vous n’avez pas assez travaillé

Vous n’avez pas assez traîné

Vous n’avez pas assez dormi

 

Vous n’avez pas assez marché

Vous n’avez pas assez couru

Vous n’avez pas assez sauté

Vous n’êtes pas assez tombé

Vous ne vous êtes pas assez relevés

 

Vous n’avez pas tout vécu

Et vous n’avez pas assez rêvé.

 

La vie est un chemin qui se construit tout au long de celle-ci

Profitez-en, ne ratez aucun instant.

 

par Lou- Baya, de l’atelier cinéma

La 1ère séquence d’un film sur le bonheur

Come as you are de Nirvana – Ecran noir presque 20 secondes.

Puis des bouches qui sourient, des rires… Filles comme garçons, jeunes comme plus âgés.

Le ciel : bleu, avec quelques nuages très blancs et le soleil.

La mer : assez calme avec quelques vaguelettes.

Une pancarte : FREE HUGS !

Des yeux : brillants et fiers.

Le ciel : tout bleu et très ensoleillé.

Des larmes : de joie et de fierté.

-Noir-

Fin de la chanson.

Une jeune fille se réveille, va vers la fenêtre de sa chambre, l’ouvre et regarde les hauts buildings de New York. Très beau ciel, rosé-orangé…

Le bruit de la ville arrive à elle…

Elle descends des escaliers et se retrouve dans une grande cuisine ouverte, avec un mur en brique et une baie vitrée (un loft idéal)…

Elle sort des gâteaux et du nectar de mangue du frigo et retrouve sa famille devant une émission à la télé. Elle se fait une place. (Bruit de la télé)

-Noir-

Dans une rue animé de New York, une jeune fille marche, un casque sur les oreilles…

Happy de Pharell Williams

Regards sur les gens : heureux, pressés…

On devine ensuite qu’elle porte un sweat d’une université américaine : Penn State.

-Noir-

par Lou Baya, de l’atelier cinéma

D’après Fauve

Et si je n’étais pas un corps vide ?

Un éternel recommencement, ma ligne de temps rejoint tes mains ouvertes sur l’infini j’avais oublié NOUS

Et si l’impensable était la beauté ?

Je doute à la commissure de tes lèvres Dis peut-on se lever ?

8 + 9 = 10

Je porte dans ma main droite le commencement de notre ère je lève mon épée brandis la couronne tout est organique la rêverie s’étale tu es l’un et l’autre

Sortir du vide

Parce que tu es sacré

Se répandre vers la lumière

Dis-moi comment je ferai sans toi ?

Parce qu’on est de ceux qui guérissent

Tu nous entends ?

Si tu nous entends il faut que tu reviennes on voudrait tout comprendre IL FAUT qu’on se retrouve sortir du blizzard bizarre ne pas ralentir même si A QUOI BON ?? Même si l’ironie même si les yeux bandés

Je craque les épiphanies

Jour et Nuit

Jour et Nuit

Les mots reviennent tu les attrapes ? Quelles vapeurs quelles convictions ? Eux qui écrivent plus vite que la pensée en attendant MOI

Jour et Nuit

Soleil blanc d’un ange qui éclate

D’un amant qu’on plaque je ne me console pas claque la parole comme rempart transie en nage permanence impermanence de chaque battement de coeur

En flux tendu

Jette les dés

par Florence Denat


Ecriture en balade: exposition Van Gogh / Artaud : le suicidé de la société

Cut up: Les mots d’Artaud

 

Cauchemar de chants d’orgue en ébullition interne,

Un train pour une étoile,

L’ histoire entière dans ces paysages convulsionnaires.

 

Soleil ivre garrotté d’un mauvais esprit,

Hallucinant ce pinceau en ébriété

qui suit la balafre noire d’un ciel très bas:

 

Van Gogh a lâché ses corbeaux.

Un paysage qui trempe la terre dans les vagues du ciel,

L’apocalypse : peroxyde d’azote aux microbes noirs,

 

L’énigme pure, la pure énigme de la fleur torturée

et la chaire hostile aux coups de flammes enchaînés,

Un envoûtement de mille étés!

 

Ainsi

un paysage

à midi.

 

 

Fragment poétique 1

 

Les lauriers roses dont les têtes penchent

dangereusement

irrésistiblement

fatalement

immanquablement

définitivement

vers le bas

 

Fragment poétique 2

 

Les couleurs partent en fumée dans le jardin de l’hôpital St Paul.

De grands arbres baignés de lumière se déploient dans la tramontane,

touffus et mousseux sous le bleu intégral du ciel moutonneux.

Leurs membres tordus au déclin du jour à St Rémy de Provence,

Leurs membres amputés, ne peuvent plus saluer la vieille qui passe en contre-bas.

Un godillot sombre s’est retourné sur le chemin caillouteux.