J’ai cherché … j’ai trouvé

J’ai cherché la vie fantômatique des images, comme on s’endormirait une nuit dans la forêt. J’ai trouvé une méditation sur le cinéma et la photographie au Palais de Tokyo. J’ai retrouvé Mnémosyne. J’ai entendu des histoires de fantômes pour grandes personnes, j’ai marché sur des projections d’images choisies par Didi- Huberman, revisionné des séquences du Cuirassé Potemkine et de Nuit et Brouillard, j’ai trouvé que le cinéma servait le devoir de mémoire.

J’ai cherché à être dans la lumière, je n’ai trouvé qu’un éclairage d’appoint.

J’ai cherché à souligner le contour des choses, j’ai trouvé l’odeur de la chair brûlée.

J’ai cherché le mouvement continu de l’écriture, j’ai trouvé l’impact des nervures et des brisures.

J’ai cherché à prendre des trains pour les étoiles, j’ai visité Berlin, Rome et Tokyo, avec toi.

J’ai cherché à enrôler le hasard, j’ai trouvé un processus créatif.

J’ai cherché de nouvelles frontières à traverser, comme du vif-argent à l’intérieur des veines, j’ai croisé les forces de la nature, éprouvé un état de grande exaltation, comme une envie de boire l’océan glacé. J’ai vu les rayons lumineux de la fin d’été balayer de leurs dernières forces un sable extrêmement fin, extrêmement blanc. J’ai senti sa douceur sous mes pieds, j’ai trouvé le plaisir.

 

~~Human Mecanical (à propos de)

« Le matin, j’émerge de mes rêves, le plus heureux des anges. Je me couche le soir, un vrai salaud. Qu’ai-je donc fait entre temps ? J’ai fréquenté les hommes. »

Abdulah Sidran, 1993, Sarajevo.

Bleu sang un 32 Décembre sur la terre. Il y a comme une odeur d’étoile de mer en train de mourir, un ciel liquide qui harcèle mon cœur. J’ai perdu le goût de l’amour. La mort fait mal, elle tue tous les hommes qui l’approchent. Elle voudrait tout oublier. Elle est devenue l’ombre portée du soleil noir, un équateur froid. Et pourtant, le bleu est une couleur chaude, un ciel liquide qui harcèle mon cœur en reproduction sérielle. Je suis ma propre catastrophe, je ne me souviens de rien ni d’avoir possédé ni d’avoir loué ni rien du tout. Je renifle les molécules de l’air, je survole des villes anonymes, je rêve de machines. Je renifle. Est-ce bien moi ? Je subis ma propre catastrophe. Collé aux passions hybrides.

Devant moi : la borne anti-dépassement de soi-même

Prix : 70 Euros

Je te chante (cut up)

~~ Je parle d’une mer au-delà des oiseaux

Je suis sans début sans fin

Et de toutes les heures du monde Et de tous les visages entrevus dans les gares Et de toutes les horloges

La nuit s’avance

Mes mots retombent sur la table

Je péris d’être désertée

Et de tous les pays Et de tous les peuples

Je sais ton cœur sur le fil d’un rêve fasciné par les couleurs traversé de tous les âges

Je dis « moi », mais y a t-il un autre que moi-même ? Je ne cesse d’être dans la folie et l’éblouissement Après l’essor la chute

Pour prendre quand même la mer

Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi Notre cœur en cendres défait

Nous serons sur toutes les langues et les nuits seront longues Sans croisées Sans détours Sans marées Sans tempêtes Sur ton corps ouvert comme une plaie un jour rappelle toi La folie est devenue utile

Depuis les yeux Le vide est à réinventer

Fermons les yeux Vivons à l’envers du jour

Dans les mystères du silence Le long des jours Le long des nuits Pour affronter la terre profonde Et chercher les paroles Et chercher les visages Des ombres pâles des bulles de silence qui parlent

Parce qu’il faut beaucoup de mots pour en détruire un seul

Scruter dans l’entrechoc des mots l’impalpable, et dès longtemps, lâché en alambic, pour l’éprouver ailleurs

Nous

Décomposés dans la mémoire de la nuit