Pornographic exhibist poem

Pornographic exhibist poem

Exhibist pornographic poem

(D’après John Giorno)

 

Love nakedness

Mâle, 27

Fille, 32

+

Sept beaux hommes d’amour

Nudité (s)

Nudité d’amour

Longs cheveux, longs cheveux,

Derrières, derrière, Ton cul

En exil ils furent à toi toute la nuit, toute la nuit

Avez-vous dit « dans la lumière » ou « au soleil? »

Où étiez-vous ? Qu’étions nous?

Cherche tes souvenirs dans tes souvenirs

Ta folle mémoire

Accroche-toi à cette image un peu floue

D’une nuit oubliée

Il t’enlèvera partout, tu ne sais pas quand, tu ne sais pas quand, avec n’importe quelle chose, où que tu sois, avec n’importe quelle chose où que tu sois

Entends les appels!

Les appels

Vos positions étaient folles

à un moment donné

Floues et folles

Mais

Tu étais au paradis

Tu étais au paradis

Tu dis. – Exécuté

  • Exécution

You name it !

You name it…

“At one time

I was

In paradise

I was

In paradise

And performing

And performing”

 

AN de Naomi Kawase ( 2015)

 


Un schéma plutôt traditionnel : trois êtres, entrés dans une forme d’errance, se rencontrent et vivent ensemble des moments qui leur permettent de se reconstruire. Mais cette rencontre est orchestrée par les doigts de fée de Naomi Kawase, sous les cerisiers en fleurs d’un quartier de Tokyo, autant dire que l’esprit de la nature va souffler sur ces âmes-là !

Le charme opère à chaque plan du film, la caméra virevolte sous les fleurs frémissantes qui deviennent des feuilles à mesure que les personnages se relèvent de leurs blessures physiques et morales. Ils trouvent un ancrage dans cette petite guérite où ils se croisent, cuisinent, parlent, savourent.

Grâce à Tokue (Kirin Kiki), la vieille dame aux mains rougies et déformées par la lèpre, l’homme qui préparait tristement ses dorayakis accède au plaisir de sentir ses haricots rouges frémir dans la casserole. Et tant mieux s’il lui faut se lever avant que la lune ne se couche !

Dans ce film, dont le scénario est tiré d’un roman de Durian Sukegawa, il est question d’abandon, de rejet, de faute. La figure de la mère, défaillante ou perdue, traverse en filigrane le récit. Loin de toute recette, la réalisatrice nous émerveille et nous élève, à l’instar de ses personnages éprouvés, grâce à son regard généreux qui insuffle une force incroyable à son oeuvre cinématographique, nous menant jusqu’à l’exaltation lors de simples rituels culinaires, mais nous plongeant aussi dans une peine immense dans une scène déchirante entre ces trois beaux personnages que sont la jeune fille (Kyara Uchida), l’homme cassé ( Masatoshi Nagase, craquant) et Tokue, placée en quarantaine depuis son adolescente dans un sanatorium.

Mais l’émotion qui perdure reste malgré tout la joie et l’on a les yeux comme décillés, au sortir de la salle obscure.

Sandrine Elichalt

« Au-delà des montagnes » de Jia Zhangke

Les séquences d’ouverture et de fermeture ( surtout celle là d’ailleurs, saisissante), et bien sûr tout ce qu’il y a entre- une photographie sublime, des acteurs souvent très justes, une caméra que l’on sent jubiler et palpiter de cette vie de chagrins et d’amours que l’on traverse tous, la petite histoire de chacun dans la grande Histoire de la Chine contemporaine…Tout me plaît. SE

DUST- Histoires de poussière d’après Man Ray et Marcel Duchamp

 

au Bal 6 impasse de la Défense Paris 18 ( Métro Place Clichy)

«  Et je te montrerai quelque chose qui n’est

Ni ton ombre le matin marchant derrière toi

Ni ton ombre le soir venue à ta rencontre ;

Je te montrerai ta peur dans une poignée de poussière. »

T.S.Eliot The Waste Land

Dust storms, un mouchoir sur le nez, la jupe mi-mollet, une allure grise, les cheveux sous le fichu, les escarpins empoussiérés, une femme avance courbée, à l’aveugle, et les nuages courant les rues pleines de vent.

Nature morte et/ou un paysage

Talisman et/ou secret silencieux

Poussière domestique et/ou poussière cosmique

Une photographie en N&B à l’ère industrielle, un homme à genoux dans les dunes finies ou infinies, un terrain vague recadré par Man Ray, le feuillage comme un bouquet sombre, des trajectoires de tiges comme des spermatozoïdes.

L’épaisseur de la poussière et/ou l’épaisseur du temps

Domaine aride et/ou domaine fertile

morceaux de tissu et/ou bourre de coton

Les corps suent d’amour et de souffrance, les peaux sont pailletées de poussière dans la séquence d’ouverture, la radiation et l’amour, tu n’as rien vu à Hiroshima, rien, j’ai tout vu, tout.

Rrose Sélavy et/ou Marcel Duchamp

Marcel Duchamp et/ou Man Ray

La mariée mise à nue par ses célibataires et/ou Le grand verre

Cartographie d’un territoire : les routes s’enfoncent dans le désert rouge, feux follets, poussières de lumière sur la planète Mars, un négatif couvert de moutons passent des années sous un lit.

Vue aérienne et/ou photographie visionnaire

œuvre d’art et/ou document sur une œuvre d’art

L’infiniment lointain et/ou l’infiniment proche

SE