Under the skin (à propos de)

« L’homme se trouve devant l’irrationnel. Il sent en lui son désir de bonheur et de raison. L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde »                                                                                                                                                    Camus, Le mythe de Sisyphe.

Devenir miroir, c’est se réduire à n’être que surface réfléchissante: la conscience muée en miroir éprouve la réflexion sur le mode passif. Elle ne peut que subir, pour en renvoyer le reflet, les formes et les créatures qui se sont placées en regard.”                                                                                      Baudelaire

Under the skin

Etrangère au monde tu marches comme un automate dans un monde improbable qui aurait la texture des cauchemars. Ta silhouette glisse entre les hommes, happe la réalité sordide de nuits sans rêves. Pourtant, le poème est érotique. Le corps, magnétique. Et ils coulent et s’enfoncent dans le sol sous ton regard. Il n’y a pas de petite mort. Il faut chercher l’ultime jouissance.

Dans ce labyrinthe de miroirs tu captes la lumière qui s’éteint ; feint, joue, simule une humanité perdue. Etrangère aux autres. Etrangère à ton propre corps qui est là pour tous et pour personne, même pas toi. En exil. Le sourire d’une femme dans un supermarché, un regard inquiet, l’angoisse d’un enfant ; tu n’as pas les codes. Tout est crypté. Sont-ils plus robots que toi ?

Quel(s) visage(s) sous la peau de la femme ? Quel visage de souffrance pour advenir à toi même ? Tout ce qui s’élève descend et tout ce qui descend s’élève, tout ce qui finit recommence. Marchent les hommes vers toi dans une maison abandonnée. Bites levées avant de revenir à l’état fœtal. Tout est liquide. Visqueux. Poreux.

Nulle part, l’émotion. La vie s’impose à travers une glace sans tain, et nous voilà vidés de nous mêmes. La familiarité du monde s’éloigne, le sentiment d’étrangeté filtre de toute part. Ne reste que la captation de ton corps, les courbes, les rondeurs, la musique lancinante, le regard final, enfin partagé. Il faudra te suivre jusqu’au bout. Mais sous la chair, le métal. Mais en miroir, sous le métal, une femme qui pleure. Mais en miroir, l’Autre. Et tous les autres.

Florence Denat

Feu d’artifices en plein jour

Feu d’artifices en plein jour

 

Eclipses de blancheur

Est-ce que la nuit nous métamorphose ?

Elle jette au hasard ses désastres

Il va falloir éviter la chute

Parce que nous ne savons rien de l’Autre

Parce que minuit est loin

 

Douleur chromatique

Est-ce que le blanc supporte moins que le rouge l’accélération du temps ?

Elle aime, à l’aube, le froid de la mer sur sa peau

L’eau argentée

Parce que les soupirs meurent

Parce que la lumière pâle du matin

Il va falloir décoller vers la nudité du trait

Et donc du geste

 

Réponse névralgique

Faut-il traverser les ombres afin d’être soi ?

Elle s’en fout elle cherche

Elle explose en d’infinis miroirs

Parce que son visage à l’ombre des totems

Parce que le noir rugueux soulage comme la lumière

 

(à propos de Black Coal)